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vendredi 9 décembre 2011

L’imposteur et la communauté La terre

Le grand Pierre, c’était le nom par lequel nous l’appelions. C’était un homme grand  et mince. Il état venu comme résident à l’accueil de la Communauté La terre. Il venait parfois m’aider à la cuisine. Il m’avait dit avoir déjà travaillé comme cuisiner. Il avait partagé avec moi quelques trucs.

Il avait parfois certains comportements étranges. Mais, la plupart des personnes que nous accueillions avaient bien chacun leurs petits ou gros problèmes. Un jour lorsqu’il était venu m’aider à la cuisine, il m’avait dit qu’il avait eu quatre femmes et qu’elles étaient toutes mortes du cancer du sein. Je n’en avais pas fait de cas mais je savais qu’il fabulait. Je ne connaissais pas ces mots à l’époque mais je savais en mon for intérieur que ce qu’il disait était impossible. J’avais seulement dix-neuf ans et lui n’avait pas l’air beaucoup plus vieux  que moi. Alors, je ne voyais pas comment il aurait pu vivre tout cela en si peu de temps.

Un jour que j’étais très fatiguée, j’avais fait une sieste en après-midi. Je devais préparer le souper pour une vingtaine de personnes mais je m’étais levée juste un peu avant l’office. Je n’avais pas beaucoup de temps. Mais, j’avais déjà tout prévu pour faire quelque chose qui n’était pas très long à faire: des galettes de sarrasin.

Cependant, le temps pressait car nous avions un office à 17h15. J’étais à la course. J’ai ouvert les valves de la grande plaque de notre gros poêle à gaz et suis allée préparer le mélange. Mais, lorsque je suis venue pour les faire cuire, la plaque était froide. Les pilotes étaient éteints. J’ai donc fermé les valves et j’ai fait attendu un peu avant de rallumer les pilotes. Les pilotes ne s’éteignaient jamais tous. Il arrivait quelque fois, mais très rarement, que l’un d’eux s’éteignait car la plaque était grande et en possédait plusieurs.

Et, lorsque je me suis approché pour allumer les pilotes, en une fraction de seconde j’ai été violemment projetée par une énorme flamme. Une explosion était survenue. Mon visage étant tout près pour bien voir les pilotes, il a été entièrement brûlé en plus de mon bras droit qui tenait l’allumette. J’avais poussé un petit cri que le directeur du foyer de groupe avait entendu en même temps que le bruit d’une grosse explosion.  Il est accouru vers moi. Voyant ce qui venait de arriver, il allait m’amener à l’hôpital. Mais, ayant toujours en tête le souper pour des résidents, j’avais dit au jeune qui m’aidait à la cuisine de faire cuire les champignons. Celui-ci était figé et me regardait avec des grands yeux. Il me voyait très calme en  train d’éteindre le feu pris dans mes cheveux. Je ne sais pas s’il m’avait vraiment compris ni s’il avait effectivement continué à faire le souper.

Cela me faisait très mal. Le temps passé à attendre qu’on m’amène à l’hôpital demeure vague dans mes souvenirs. J’étais comme un zombie. Cependant, je me souviens que le grand Pierre m’avait enduit le bras qui venait d’être brûlé de beurre salé. C’était encore plus douloureux! Je ne le savais pas à l’époque mais il ne faut jamais mettre un corps gras sur une brûlure fraîche car ce dernier emprisonne la chaleur et la brûlure continue plus profondément. La douleur était insupportable. J’avais une chemise à manches longues dont j’avais roulé les manches et je tournais l’extrémité de  celle qui était juste au dessus de mon coude pour éviter qu’elle touche la brûlure. J’avais fait une torsade avec le rebords pour couper la circulation dans mon bras afin de ne plus le sentir. J’ai continué comme ça jusqu’à ce que je sois transportée en ambulance jusqu’à Sherbrooke. Cela après beaucoup de temps.

Le directeur essayant de m’amener à l’hôpital d’Asbestos le plus vite possible était passé par le chemin le plus rapide mais le plus périlleux: La côte à Tarzan. Il n’y avait pas vraiment de place pour deux voitures de large et un homme  saoul qui venait en sens inverse s’était arrêté au milieu de la route. Il a fallu beaucoup de temps et de doigté au directeur pour arriver à lui faire enlever son véhicule du chemin. Moi, pendant ce temps, je souffrais le martyre.


Il avait le fantasme de me détruire et celui de me voir torturer sexuellement. Il était venu incognito pour me détruire sur le lieu où j’habitais en communauté. À cet endroit, il a continué la diffamation qu’il faisait depuis ma naissance.

Il s’est arrangé pour que je sois brûlée par le poêle à gaz qui ma explosé au visage et a enduit mon bras brûlé de beurre salé. J’ai dû aller à l’hôpital chez les grands brûlés, d’abord à Asbestos puis, ensuite à Sherbrooke parce qu’ils n’étaient pas équipé pour cela.

Cela a nécessité 38 milles en ambulance avant d’y arriver.  J’étais toute défigurée. Aussi, un autre jour m’a versé de l’alcool pur sur un doigt dont je venais de me couper un morceau alors que supposément il m’aidait à la cuisine, a demandé à des jeunes à l’accueil de me photographier dans ma douche.

©France Quenneville, 9 décembre 2011.

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